🎬 – Le Grand Bain de Gilles Lellouche

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J’attendais sa sortie depuis plusieurs semaines, je me suis empressée d’aller voir Le Grand Bain, premier film entièrement réalisé par Gilles Lellouche, curieuse de voir sous quel angle serait abordé ce thème de la natation synchronisée masculine avec un casting 5 étoiles.
J’ai été agréablement surprise, au dessus de mes espérances. C’est un film qui défait les clichés du genre, qui prône la bienveillance, qui arrive à nous faire rire en ne tournant jamais ce sport ni les personnages en ridicule.

Tous les personnages sont attachants et intéressants, à commencer par Mathieu Amalric dans le personnage principal, chômeur dépressif, paumé et incomplet. Son caractère doux au premier abord cache en réalité une lassitude face à ceux qui l’entourent. Sa nouvelle passion pour la natation synchronisée, parce qu’elle est hors du commun, il doit l’assumer pleinement. Cette profonde implication va se révéler libérateur de toute pression et va l’aider à s’affirmer, à ne plus accepter l’inacceptable, et à se libérer de ce qui n’en vaut pas la peine. Il décidera de quitter son job moisi et le patron qui va avec, sa belle-famille pesante et nocive, ses propres complexes. Cette évolution, tout au long du film, est très bien mise en scène et jouée. Son caractère ne change pas du tout au tout, au contraire, on observe le visage du personnage s’ouvrir et s’éclaircir au fur et à mesure du film, avec crédibilité.
Chaque personne a sa trajectoire propre, menant ses combats, luttant contre ses démons, montrant ses évolutions ou ses blocages.

Ce film est une comédie, réussie qui plus est, mais a tenu ce très beau pari de ne pas tourner en ridicule la natation synchronisée masculine. Elle pose même la question : au fond, pourquoi cela nous parait drôle, l’idée de la natation synchronisée par des hommes ? En sortant de la séance, je me suis demandé, qu’est-ce qui m’a réellement fait rire dans ce film ? Ce sont les traits de caractères, les dialogues, les retournements de situations… Mais jamais l’impression de ridicule pendant les scènes d’hommes nageant sur de la musique. Au contraire, j’ai trouvé que c’était les plus belles scènes. Les mouvements de danse ratés de ces nageurs débutants prêtent à sourire, mais tendrement, notamment car ces maladresses n’étaient pas liées à ce sport en particulier. Ces scènes auraient été drôles qu’elles qu’en soit le sport montré.

Plus qu’une comédie, c’est un film feel good, qui donne confiance en soit, qui prône la bienveillance, la compréhension, la compassion. Et pour couronner le tout, vous verrez Marina Foïs, Leila Bekhti, Virginie Efira, Philippe Katerine, Guillaume Canet, Jean-Hugues Anglade, Mathieu Amalric, Benoît Poelvoorde plus drôles et attachants les uns que les autres.

Rétrospective culturelle – septembre 2018

Je vous présente un nouveau type d’article, ce sera un peu mon article rétrospective personnelle du mois. Celui où je partagerai ce que j’ai fait dans ma vraie vie, qui m’aura marquée, et que j’aurai réussi à immortaliser par une photo avec un beau filtre instagram.


Mon mois de septembre a commencé à Marseille, avec la rentrée de l’art contemporain. Déjà familière de la cité phocéenne avec la Friche la Belle de Mai et le Mucem, j’ai cette fois découvert le J1 à l’occasion de la foire d’art contemporain Artorama. Le lieu fait de baies vitrées et surplombant la mer accueillait donc des galeries d’art le temps d’un week-end. Je ne suis pas une adepte des foires, je ne me sens pas à l’aise dans cet environnement, comme je ne me sens pas à l’aise dans une galerie. L’ambiance White cube me fait horreur, j’ai l’impression d’être dans un lieu aseptisé et inhospitalier. J’ai tout de même apprécié l’ambiance un peu plus détendue de ce lieu, moins prétentieux  que la FIAC au Grand Palais, moins poussiéreuse que le Salon du Dessins au Palais Brongniart. J’y ai croisé plus de jeunes un peu trop branchés et moins de vieux un peu trop botoxés, ce qui était déjà plus agréable.

Quelques jours plus tard, je décollais pour l’Italie, pour un séjour à Rome. Un peu angoissée d’avoir arrêté ma décision sur une capitale européenne pour passer mes vacances, après une année fatigante et de très courtes vacances au mois d’août, j’avais peur de revenir plus fatiguée et stressée qu’avant mon départ. J’ai été plus qu’agréablement surprise par cette ville, dont l’ambiance ne ressemble en rien au stress ambiant de Paris. Pas un seul klaxon, quasiment jamais de foule, énormément d’espaces verts, et surtout ces magnifiques pins parasols qui ponctuent le paysage. Je pense développer mon voyage dans une rubrique dédiée sur le blog, je ne vais donc pas épiloguer ici, mais impossible de ne pas parler du glacier Gelato San Lorenzo qui m’a laissé un souvenir divin.

Le week-end suivant, je partais à la découverte de la Bibliothèque de l’INHA, institut national de l’histoire de l’art, à l’occasion des journées du patrimoine. Ce lieu somptueux digne d’un décors de cinéma nous (ma meilleure amie et moi) a fait rêver : verrières, pupitres pour ouvrages d’art, rangées de livres historiques… C’est un lieu chargé d’histoire et de magie, une visite peu connue mais incontournable à Paris.

Le quatrième week-end de septembre, je retournais à Lyon, ville de mes douces années étudiantes, pour un double heureux événement : la naturalisation et l’anniversaire d’un seul et même ami. Bières,  amis, dégrisement sur les quais du Rhône, redécouverte des rues que j’ai connu par cœur… J’ai adoré vivre dans cette ville, pour son atmosphère, son état d’esprit, la multitude d’activités qu’elle propose. Je lui consacrerai surement un article dans ladite catégorie voyage, pour vous parler festivals, musées, bonnes adresses…

Et, enfin, le dernier week-end de ce riche mois, je restais à Paris, heureuse d’accueillir l’automne, ma saison préférée. Ma colocataire (nommée ci-dessus ma meilleure amie) et moi avons commencé à décorer notre appartement, mais nous avons aussi débuté la saison de la raclette. A deux. Devant Harry Potter. Avec des plaids et du thé. = meilleur week-end.

📚 – Les délices de Tokyo par Durian Sukegawa

Attirée depuis des années par ce pays, par sa culture et ses traditions, je me laisse facilement séduire par tout ce qui vient du Japon, que ce soit à manger, à regarder, à lire… Alors comment passer à côté de la vague élogieuse dont a fait l’objet Les délices de Tokyo cet été ?

Sentarô tient sans passion et sans conviction une boutique de dorayaki, pâtisserie japonaise à base de pancakes et de pâte sucrée de haricots rouges. Mais l’arrivée de Tokue, une grand mère mystérieuse, va bouleverser sa façon de concevoir son travail, son implication, et sa propre identité. Livre faussement naïf, il aborde des sujets bien plus profonds qu’il n’y paraît si on se limite au résumé de sa quatrième de couverture. La transmission de traditions, le lien entre les générations, sont certes au cœur de ce roman. Mais bien au delà, ce livre nous guide vers des réflexions sur la dépression, la réinsertion, et questionne notre regard sur les personnes exclues de la société. Elle nous plonge au cœur d’un volet de l’Histoire japonaise peu connue, et nous confronte à des tabous

C’est un livre accessible à tous, léger et sans prétention, qui incarne parfaitement la délicatesse japonaise.